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La Bio Kezako ?

5 arguments pour convaincre un bio-sceptique

Alors que la bio gagne du terrain année après année, il faut parfois se retenir de meugler face aux idées reçues qui continuent de fleurir. Vous en avez assez d’entendre ici et là que « la bio c’est un peu bidon, la bio c’est cher, c’est pas la bio qui va nourrir la planète » ? Savante et Pipelette aussi : voici donc 5 réponses aux affirmations les plus courantes, avec vachement d’arguments pour convaincre vos ami.e.s bio-sceptiques…

« Si le champ d’à côté n’est pas bio, ça peut pas être vraiment bio… »

Alors là, c’est vachement simple : pour obtenir et conserver la certification bio,  les agriculteurs sont contrôlés par des organismes certificateurs extérieurs et indépendants.  En fait, l’agriculture biologique est le mode de production agricole le plus contrôlé de France !

En France, 12 organismes certificateurs* sont actuellement habilités à contrôler les fermes en bio. Ils effectuent au minimum une fois par an des contrôles stricts et systématiques, ainsi que des prélèvements et analyses sur le terrain.

Les contrôleurs sont vachement vigilants sur ce point : si une parcelle bio est contaminée par l’épandage d’un champ voisin, la récolte est déclassée et vendue en conventionnel. Autant dire que les producteurs bio ont cherché et trouvé des solutions ! Pour isoler la parcelle bio de celles cultivées en conventionnel, ils prennent des meuhsures de séparation en créant des « zones tampons » : barrières naturelles (route, bordure, fossé, ou encore une haie plantée), ou simplement une bande de plusieurs mètres non-cultivée.

« En bio, ils utilisent aussi des engrais »

C’est vrai, mais il y a une énormeuh différence : ce ne sont jamais des produits chimiques de synthèse ! Pesticides, engrais, ou tout autres produits chimiques sont strictement interdits en bio.

Pour fertiliser les sols,  les agriculteurs bio utilisent du fumier, du compost et des engrais organiques. Ils introduisent aussi dans leur assolement des légumineuses (luzerne, trèfle…) qui sont capables de fixer l’azote de l’air pour le rendre disponible dans le sol.

Pour protéger les cultures, les producteurs bio ont recours au désherbage mécanique, à la lutte biologique et à des traitements naturels. Ils utilisent également des variétés naturellement résistantes aux maladies et limitent la prolifération des insectes nuisibles grâce aux rotations des cultures.

Des pratiques vachement meuh pour la planète : elles préservent la biodiversité, la richesse et la fertilité naturelle des sols,  ainsi que la qualité de l’air et de l’eau !

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« Moi j’achète local, c’est déjà bien… »

On est d’accord : acheter local, c’est bien. Mais bio et local, c’est encore vachement meuh !  Parce que le « local » seul n’est pas un signe de qualité : ça n’apporte aucune garantie sur le mode production, si ce n’est la proximité entre le lieu de production, de vente et de consommation.

C’est peut-être la ferme d’à côté, mais rien, sauf le bio, n’interdit à l’agriculteur voisin d’utiliser des pesticides, d’épandre des produits chimiques, ni à l’éleveur de nourrir ses vaches de tourteaux de soja importés, contenant éventuellement des OGM et contribuant à la déforestation de l’Amazonie.

Et il faut savoir que le bilan carbone des productions locales et des circuits courts n’est pas toujours bon, parce que les émissions de gaz à effet de serre liées à la fabrication et à l’épandage des engrais chimiques sont pires que celles des transports ! Du coup, c’est loin d’être très bio tout ça…

Avec les milliers de fermes bio qui existent en France, on peut facilement trouver du bio local : entre la vente directe à la ferme, les marchés, les magasins de producteurs, les AMAP, le système de panier, etc., les possibilités sont nombreuses. Parce que bio et local, c’est vraiment l’idéal !

« Le bio, c’est trop cher ! »

Les produits bio sont parfois un peu plus chers que les produits non bio. Ca s’explique par un coût de production plus élevé, entre autres parce que l’agriculture bio demande plus de main d’œuvre, par exemple pour le désherbage mécanique, le travail des sols, la surveillance accrue des cultures et des troupeaux…

Meuh quand on parle budget consacré à l’alimentation, il faut prendre en compte un ensemble. En éliminant ce qui pèse lourd sur le portefeuille, on peut manger bio sans se ruiner. Concrètement, on évite les plats préparés (vachement chers rapporté au kilo), on limite sa consommation de viande et on la remplace avantageusement par des protéines végétales (pois, haricots, lentilles…) bien plus économiques, on consomme seulement des fruits et légumes de saison… et voilà le budget vite rééquilibré !

Manger bio n’est pas un luxe : c’est une façon de changer ses habitudes alimentaires, pour aller vers une façon de se nourrir plus saine, meilleure pour soi et pour la planète.

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« Le bio n’est pas capable de nourrir toute la planète »

On considère parfois l’agriculture bio comme une production alternative, marginale, incapable de nourrir une grande quantité de population. S’il est vrai que les rendements en bio sont légèrement inférieurs, la recherche et les progrès constants permettent d’aller vers une agriculture de plus en plus performante.

D’ailleurs, est-ce qu’on a vraiment besoin de produire encore davantage ? En fait, nous pourrions obtenir d’importantes quantités de nourriture supplémentaire, sans produire plus ! Deux leviers : selon la FAO, le tiers des aliments produit dans le monde pour l’alimentation humaine est perdu ou gaspillé, du champ à la cuisine du consommateur. Le tiers, c’est énormeuh ! Ensuite, si l’on réduisait la quantité de viande que nous consommons, cela permettrait, sans produire plus, de libérer d’importantes quantités de céréales destinées aux hommes et non aux animaux…

Une étude scientifique de 2017 a étudié la question de près : en utilisant ces deux leviers, elle conclut qu’une agriculture 100 % bio pourrait nourrir la planète en 2050.

 

Sources :

 http://www.auvergnerhonealpes.bio/images/News/guide%20bio%20web.pdf

https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/14/une-agriculture-100-biologique-pourrait-nourrir-la-planete-en-2050_5214822_3244.html